Dans le cadre des témoignages que nous adressent les patients, Évelyne raconte :
Aïe il m’aura fallu 50 ans de lymphœdème pour avoir affaire, pour la 1ere, à un problème de bras qui m’empêche de mettre mes contentions : 1 gant de doigts de pied et 2 bas superposés classe 3 (un tissage vertical Juzo et 1 tissage circulaire radiance) jambe droite, 1 bas standard classe 2 jambe gauche et un panty !
Avec un bras droit cassé et dans le plâtre pour 6 semaines, en plein été !!!!!
Comment faire ?
1/ Ne pas désespérer !
La tentation est grande ! Mais l’expérience m’a appris que même si le lymphœdème augmente, il y aura toujours un traitement intensif ou une cure thermale pour « rattraper » (cf après les grossesses)
2/ Chercher de l’aide.
A/ Pour mettre les contentions de jour
J’avais déjà expérimenté l’aide d’une infirmière après de graves opérations aux intestins en 2017. Pas facile pour moi qui me fait un bandage par-dessus mon vêtement de nuit en mobiderm avant même de me lever ou rajoute un bandage de jour par-dessus mon bandage de nuit avant la douche et l’enfilage des bas …
Ne pas mettre de contention, prendre la douche, me recoucher pour attendre l’infirmière … Je n’avais pas tenu le coup longtemps.
Cette fois j’ai décidé de demander de l’aide à mon mari.
Il a du mal à me mettre les bas alors que je suis couchée comme le font les soignants. Il faut trouver autre chose.
Donc Je m’assieds sur une chaise et il se met à genoux devant moi (!!!!! : il a détesté, je pense) Nous enfilons ensemble le pied du 1er bas ; j’aide avec ma main gauche valide ; puis je me mets debout et nous procédons de même pour tirer le bas sur la jambe. Idem pour le 2e bas (Radiance circulaire) : il est moins épais, c’est plus difficile. Le bas standard classe 2 jambe gauche s’enfile plus facilement. Je me mets debout pour tirer le panty.
Bon, ce n’est pas facile, mais avec de l’entrainement il n’y en a plus que pour 5mn.
L’aidant prend conscience aussi de ce que représente pour nous l’enfilage quotidien de nos contentions !
B/ Pour le vêtement de nuit
J’arrive assez rapidement à enlever les contentions de jour et à enfiler ma jambe de nuit sans trop d’aide avec ma main valide, bientôt sans aide du tout.
3/ Ne pas renoncer à la piscine !
C’est la canicule ! Regarder ma piscine sans y entrer pour cause de bras cassé alors qu’il fait 40° ! C’est non. Mais elle ne descend pas progressivement et est trop profonde pour que je puisse marcher en tenant mon plâtre hors de l’eau ! Aïe !
Je suis sauvée par l’aquabike que ma kiné m’a fait acheter il y a quelques années pour éviter les dégâts dus à la chaleur en été et augmenter les performances de ma piscine sur mon lymphœdème. L’aquabike est installé près des marches et je peux le gagner facilement. Je protège mon plâtre par un sac nylon avec un élastique (Le dispositif acheté en pharmacie ne me convient pas, ça serre trop). Mon petit fils a l’idée de me proposer de poser mon bras sur un de ses animaux gonflables. Le crocodile, c’est parfait ! (Voir photo). Je peux donc faire une séance d’aquabike, en fin d’après-midi ou le matin (le plâtre en résine n’aime pas trop la chaleur)
Après la piscine le soir, je peux enfiler ma jambe de nuit (plus facile que les rouleaux de mobiderm avec une seule main et demander à mon mari de m’aider à faire un bandage multicouches.
Conclusion
Bon, il y a tout de même des dégâts : quelques centimètres en plus, mais pas de quoi être désespérée.
Evelyne Troxler
Bénévole
Délégation Alsace- Lorraine
Août 2026



